Laura Kita Kejuo, l'Auteur dans tous ses Etats

Cocon Romanesque, Nostalgie Créative & Autres Civilités...

jeudi 10 avril 2008

Mémoire

Déjà un an... Un père et un héros...

papa
Emmanuel Okim KITA KEJUO
(24 août 1948 - 10 avril 2007)

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lundi 3 décembre 2007

Un Mot Sur La Douleur

Samedi dernier, je suis allée faire un énième examen médical: cette fois-ci, il s'agissait d'une échographie. Pas parce que je pensais être enceinte, non (j'aurais préféré!), mais parce que depuis presque trois mois, j'ai comme des maux de ventre, qui me laissent peu de répit. Ajouté à cela, depuis peu, des gênes respiratoires, des palpitations, les yeux secs... [en biodécodage = peur de mourir]

Malgré le fait que j'aie essayé depuis quelques temps de me relaxer, de retrouver un sommeil paisible, de me remettre au sport, les symptômes physiques étaient toujours présents. Alors, je suis allée faire cette échographie.

Cet après-midi, les résultats. Et il n'y avait rien. RIEN. Pas une petite dysfonctionnalité, le moindre trouble d'ordre médical. Alors, le médecin de famille m'a regardée et m'a dit: "Nous connaissons bien tous les deux l'origine de tout cela.  Vous devriez mettre tout cela sur papier, parce que cela vous fait du mal."

C'est vrai, j'admets. Il a raison. Je me fais du mal. Toute cette rage, cette détresse me ronge de l'intérieur, parce que j'ai peur de lancer ce projectile qui est en moi vers l'extérieur, je ne saurais pas vers qui ou vers quoi le projeter, en fin de compte.

Alors la petite thérapie est simple, mettre un mot sur les choses, l'un après l'autre.

La vérité est que je souhaite que cette année 2007 se termine à la vitesse de l'éclair, comme elle est venue, d'ailleurs. Cette année m'a enlevé mon père et, malgré ce qui semblerait être ou ce que je souhaite me faire croire, je ne m'en suis pas remise. Je ne l'ai jamais accepté. La vie a continué son cours comme si de rien n'était et j'ai essayé de la suivre, mais je n'y arrive pas, je fais semblant. C'est très pénible de faire semblant de vivre, lorsque l'on est meurtrie. C'est quand même impressionnant que je ne m'en sois pas rendue compte, tous ces mois...

Ce matin, j'ai essayé d'écrire pour la première fois sur un bout de papier: "Papa est parti". Mais je me suis aussitôt empressée de froisser le papier et de le faire disparaître dans la poubelle, comme si j'avais écrit une bêtise. Pourtant, ce n'en était pas une.

J'aurais dû commencer cet exercice dans un coin de cahier, seule dans un coin, j'ai préféré mon coin de blog, ici je retrouve un peu de courage. Et puis, il y a  toujours quelques âmes perdues pour me lire... je ne suis plus si seule alors, finalement!

Posté par Laura Maya à 23:10 - Deuil - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 18 juin 2007

Encore une Lumière Qui s'est Eteinte

Eh oui, des fois on se demande vraiment... Pourquoi. Ma Grand-Mère maternelle est décédée samedi après-midi.

Il est vrai que nous nous y attendions déjà, parce qu'elle souffrait d'un cancer généralisé depuis quelques temps. Heureusement que Maman a pu encore la voir lucide, profiter d'elle en étant à ses côtés avant qu'elle ne s'en aille... Mais tout de même. Malgré ses 84 ans, c'était une femme solide et vaillante. C'est l'image en tout cas que je garderai d'elle.

V_v__e_LauraDepuis ma naissance, je n'ai jamais vraiment vécu auprès d'elle. Mais petite, il n'y a pas un de mes anniversaires ou de fêtes de Noël où elle n'ait été présente!
J'ai retrouvé cette photo de Vóvó (Mamie en portugais), je devais avoir sept ou huit ans dessus...

Jusqu'à présent, ça reste un mystère, je ne comprends pas que les êtres chers s'en aillent au moment où l'on a le plus besoin d'eux?! Qu'est-ce qui ne tourne pas rond?
La maigre, très maigre consolation est qu'elle fasse partie désormais du réseau de mes anges gardiens. Je pense que nos ancêtres veillent sur nous (pourtant je ne suis pas croyante...). Elle veille sur ses enfants et ses petits-enfants qu'elle a toujours chéris.
Je suis vraiment contente d'avoir pu récupérer cette photo. Ca me fait un super souvenir d'elle, entre autres.

"Que serait la lumière sans les êtres qui la  perçoivent?" [Philippe MONTILLIER]
Rencontres

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mercredi 6 juin 2007

Cette Infernale Boîte à Musique

«La douleur est une bonne source d’inspiration, et que les zones d’ombre du passé montrent au stylo la direction.»
[ Grand Corps Malade ]Je dors sur mes deux oreilles

Oui, elle est là, la période, la phase, l'étape tant redoutée du deuil: la détresse. Le chagrin, la culpablilité, le sentiment oppressant de solitude et d'isolement. D'inutilité. Tout ça à la fois. On ne veut pas admettre que le monde continue de tourner. Et pourtant il tourne. Il tourne tellement bien qu'il ne s'aperçoit pas que certains se sont retirés de la danse, et regardent le spectacle, dans un coin, à part, attendant qu'un participant s'en rende compte, lui tende la main et l'invite à nouveau sur la piste...

Cette même piste où l'Absent ne dansera plus... mais où ses traces demeurent à jamais. La présence de ses traces ne fait que rappeler la douloureuse absence.  La Marginale, assise sur le banc de touche, ne supporte plus cette musique et ne comprend plus les pas de danse des participants. Car pour elle, cette danse n'a plus aucun sens. Peut-être est-ce pour cela qu'elle s'en est retirée de son plein gré?!

Alors, elle attend et profite de son retrait, ainsi que de la distraction des danseurs, pour écouler tout son chagrin, qu'elle ne peut comprimer.

Posté par Laura Maya à 11:52 - Deuil - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 21 mai 2007

Mon Blues

Depuis cet après-midi, j'ai le cafard. Nous avons fini de vider la maison que Papa louait, rendu les clefs au propriétaire, rangé les cartons ailleurs et rapporté quelques-unes de ses affaires et objets chez nous. Le fait de revoir tous ces objets m'a foutu le cafard.

Maman est toute affairée et prépare son départ pour le Brésil. Comme tout se précipite et qu'elle s'en va déjà demain soir, je n'ose pas l'encombrer avec mon coup de blues. Pourtant j'aimerais bien, ça me soulagerait peut-être un peu. Je me sentirais peut-être sensiblement moins seule et moins meurtrie.

Ca y est, la phase de réalisation est arrivée. Il faut réaliser que la personne s'en est allée. Devant l'évidence, deux solutions possibles: le refus ou l'acceptation. La tête et la raison exigent l'acceptation, le coeur, le refus. Accepter me donne l'impression que je vais oublier, donc trahir sa mémoire. Pourtant, je sais que, dans le fond, ce n'est pas vrai. Mais en tout cas, c'est ce que je ressens présentement.

Mes deux parents ont toujours été le centre de ma vie, ma raison de me lever chaque matin. Si je dois accepter que mon père est parti, quelle raison aurai-je désormais de me lever tous les matins? Je vais avoir du mal à remplacer mon père, même si je fais un transfert d'affection par la suite, ça ne va pas être possible. Je ne vais pas être hypocrite et prétendre que je tiens le coup. Si, par moments de la journée, je pense à autre chose, il y en a d'autres où je me rends bien compte que je ne le tiens pas.

Et pourtant, on s'approche du mois et demi et la vie semble avoir repris son cours pour tout le monde. Tout cela a un goût de cruelle injustice, et qu'il soit parti et que nous soyons obligés de continuer de tout faire comme avant, comme si sa disparition ne s'agissait que d'un simple détail!

Ce n'était qu'un cri du coeur.

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lundi 7 mai 2007

Une Page qui se tourne

L'Evènement familial a donc eu lieu ce week-end. Je dois dire que, contrairement à toute attente, je suis extrêmement soulagée. D'un côté, parce que je me dis que la personne repose en paix et cela, auprès des siens. De l'autre, parce que les circonstances m'ont permis de faire connaissance avec la famille paternelle, que je n'avais pratiquement jamais vue!

Le fait de voir mes tantes, oncles et cousins m'a permis de retrouver la pièce maîtresse du puzzle de l'Identité Culturelle, que je cherchais depuis des lustres. Je sais enfin d'où une partie de moi vient. Je sais que j'ai un chez-moi et où se trouve la terrre de mes ancêtres... Singulier qu'il ait suffi d'un petit tour au village natal de mon père pour découvrir et me rendre compte de tout cela! Comme quoi tout voyage nous apporte de l'expérience...

La page peut enfin se tourner. Je peux enfin commencer mon deuil, quel que soit le temps que cela puisse prendre. Je suis très soulagée et très reconnaissante à tous ceux qui m'ont apporté, de près comme de loin, un brin de sympathie.

Posté par Laura Maya à 18:40 - Deuil - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 3 mai 2007

Boule d'Anxiété (2ème partie)

Bon, on va essayer de s'armer de courage pour affronter l'épreuve (les cérémonies). Je ne m'imaginais pas que cela pouvait être aussi difficile... De laisser quelqu'un partir. Pourtant, plus l'heure approche et plus je réalise péniblement que mon père est parti. Je me dois d'accepter qu'il a fait son temps. Mais ça fait foutrement mal. Je n'arrive pas à éloigner cette douleur qui m'opresse la poitrine, qui emplit mon esprit. Peut-être que c'est trop tôt...

J'aimerais bien redevenir une petite fille pour croire aux fées et à tous ceux qui, d'un coup de baguette magique, peuvent effacer les désagréments et rétablir un monde de contes. Ce serait tellement plus simple si on pouvait me ramener mon père, souriant et en bonne santé. Il me rassurerait lui-même en me disant que tout cela n'était qu'une très mauvaise blague...

Il est l'heure de se préparer. Un long voyage nous attend!

Posté par Laura Maya à 13:25 - Deuil - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 2 mai 2007

Boule d'Anxiété

Je n'ai jamais été confrontée à un deuil de façon aussi proche que maintenant. C'est presque si je m'en veux de ne pas réagir et d'être totalement désemparée face à la situation. Comment fait-on face à la perte d'un parent? Doit-on continuer à se lever tous les matins et faire comme si de rien n'était? Se dire que la vie continue? Est-ce que cela résout le fond du problème?

Mais quel est le fond du problème? Le problème, c'est que je ne voulais pas que mon père s'en aille.  Je voulais qu'il reste, qu'on ait le temps de faire davantage de choses, le temps davantage de nous retrouver entre père et fille. Que l'on rattrape tout ce temps où nous avons été loin l'un de l'autre. Qu'il connaisse le futur homme de ma vie (s'il n'existe pas déjà) et voit ses petits-enfants naître et grandir...

C'est sûr que face à la maladie, il était préférable qu'il parte dans ces conditions, plutôt qu'à petit feu. C'est sûr. Mais enfin, quoi que le destin ait bien pu faire, et même s'il a bien fait, je suis d'avis que 58 ans n'est pas un âge pour partir. C'est l'âge moyen auquel on quitte ses activités professionnelles pour en envisager d'autres, se reposer, prendre des vacances, profiter de la vie!

Si seulement je pouvais me sentir moins bancale! Est-ce que le temps fait vraiment son oeuvre? C'est vrai, ça? Est-ce qu'il met du baume aux blessures, est-ce qu'il atténue la douleur et la peine? Je ne demande qu'à voir. Et vite, si possible.

Posté par Laura Maya à 10:09 - Deuil - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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