Laura Kita Kejuo, l'Auteur dans tous ses Etats

Cocon Romanesque, Nostalgie Créative & Autres Civilités...

vendredi 16 mai 2008

"Choc Temporel", Vu Par Son Auteur (Fin)

Le personnage d'Hélène:

Hélène est  à la fois l'amie, "la compagne de thé", la confidente et la conseillère du personnage de Laura. Elle vise à éclaircir et à dédramatiser certaines situations. Elle console, encourage, reproche. Bref, l'amie que l'on voudrait auprès de soi au moindre pépin...

Laura_KITA_KEJUO___Choc_Temporel

[...] Hélène était accourue le soir même pour me porter secours. Mon message désespéré sur son répondeur l’avait, pour ainsi dire, paniquée. Elle avait apporté tout l’attirail censé me réconforter : un assortiment de tisanes, de thé vert, de biscuits… [...]

[...] J’avais fait une courte halte chez elle à Patte d’Oie. Nous n’avions plus pu nous voir aussi souvent, depuis qu’elle avait déménagé de la rue de la Dalbade. Avec son emploi du temps de ministre, c’était un peu difficile de nous croiser. Mais nous tentions toujours de profiter d’une occasion pour nous retrouver autour d’une bonne tasse de thé. [...]

Hélène est la seule confidente récurrente et le seul point d'appui de l'héroïne dans l'histoire. Quel dommage qu'elle s'éclipse au fur et à mesure de l'histoire!

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mardi 13 mai 2008

"Choc Temporel", Vu Par Son Auteur (2ème Partie)

On continue. Au tour du personnage d'Ilyan, maintenant.

Laura_KITA_KEJUO___Choc_TemporelIlyan (personnage principal) est ce mystérieux et inaccessible amour de jeunesse de la narratrice, tant mystifié dans les premiers chapitres, tel qu'il est décrit en mode flash-back. En mode présent, il paraît un jeune homme apparent, ouvert d'esprit, mais détaché, l'âme quelque peu aventureuse.

[...] C’est vrai que je n’ai jamais vraiment recherché la stabilité, un endroit particulier où me poser quelques années. J’ai toujours aimé changer d’environnement, de cadre de vie. Pourquoi se priver de bouger, tant qu’on en a encore l’occasion ? [...] (p. 100)

Contrairement au personnage de Laura, qui semble calculer et analyser tous faits et gestes, Ilyan affiche un portrait davantage serein et enclin à vivre au jour le jour (il déménage de ville ou de pays tous les deux ans, s'engage dans une voie universitaire qu'il n'est même pas sûr de mener à terme, se lève un beau matin et décide de prendre le train pour Paris ou Madrid...). Le futur et le passé semblent n'avoir pas vraiment de portée sur lui, il se focalise sur l'instant présent.

[...] Depuis quelques années, j’ai décidé de vivre au jour le jour et de ne plus compter sur grand-chose. [...] (p. 46)

[...] C’est vrai que, pour le moment, je n’ai aucun plan détaillé par rapport à mes études… Il y a tellement de choses que j’ai envie de faire, que j’ai envie de vivre… Et un doctorat, c’est quand même minimum trois ans d’investissement ! Enfin, qui vivra verra. [...] (p. 53)

Derrière un étudiant aux airs désinvoltes se cache une grande sensibilité que l'on décèle à travers les fragments de son journal intime (extraits ci-dessus et ci-dessous), où il laissera transparaître ses moindres émotions et interrogations.

[...] Nous avons ce point commun : nous ne sommes pas très doués pour faire transparaître nos émotions à l’état brut, elles sont toujours canalisées et ce n’est pratiquement qu’à l’écrit que nous les retranscrivons le mieux. [...] (p.90)

Son profil correspond au garçon ayant suivi ses parents aux quatre coins du globe et perpétuant le mécanisme à l'âge adulte, évitant ainsi de beaucoup s'attacher aux lieux et aux personnes qu'il croise. Ilyan semble tout maîtriser et l'histoire prend un tournant (en ce qui le concerne) lorsque les retombées de sa rencontre avec Laura bouleversent son rythme de vie. A ce moment, on assiste à un côté déconcertant du personnage visiblement indécis sur son lendemain...

[...] Dans tout ça, je ne suis toujours pas sûr de ce que je vais faire l’année prochaine… Rester à Toulouse et enchaîner sur le Doctorat ? Aller étudier une année en Espagne ? Chercher un vrai travail ? Et si oui, où ? Bref, les interrogations propres à tout un chacun : « Que vais-je devenir ? » [...]  (p.100)

Bref, selon moi, un personnage attachant, bien que très versatile.

Posté par Laura Maya à 23:49 - Auto-Critiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 12 mai 2008

"Choc Temporel", Vu Par Son Auteur (1ère Partie)

Laura_KITA_KEJUO___Choc_TemporelTitre: Choc Temporel
Auteur: Laura KITA KEJUO
(Roman) 




J’ai relevé trois personnages principaux dans ce roman, Laura (personnage et narratrice), Ilyan et Hélène.

L’auteur effectue une alternance entre les narrateurs (Laura & Ilyan) et entre les temps de déroulement de l’action, en y incorporant au présent des flash-backs d’une dizaine d’années en arrière.

Le personnage-narrateur : 

La narratrice et personnage principal relate tout le long du récit les faits et scènes du roman (flash-backs inclus), laissant place de temps en temps à des fragments de journal intime d’Ilyan, permettant ainsi au lecteur de se mettre dans la peau de celui-ci.

Mis à part les flash-backs, l’histoire est racontée du point de vue et des impressions de la narratrice, qui y mêle nostalgie, enchantement, désespoir et  autodérision.

Le roman peut se scinder en deux : d’une part, nous avons affaire à une jeune fille qui est restée bloquée sur un échec affectif.

[…]Mais je ne pouvais m’empêcher de penser que le destin était en train de me tendre une perche, de me donner une chance de réussir là où j’avais échoué dix ans auparavant […] (p.28)

Ce sentiment d’ « échec », comme elle le décrit elle-même, semble avoir été présent, plus ou moins consciemment, jusqu’à sa rencontre fortuite avec Ilyan.

[…] Il me semble que ma vie a commencé le jour où j’ai revu Ilyan Rafael […] (p.7)

A ce moment, le personnage-narrateur est confronté à son passé, qu’elle décrit dans les premiers chapitres, et ce « choc temporel », qu’elle essaiera de maîtriser sur le coup, semblera la déstabiliser et la régir tout au long du roman.

Dès le « soir du Sherpa », on assiste à un autre tournant. La narratrice abandonne les flash-backs liés à son adolescence en faveur de l’entrée en scène de fragments du journal intime d’Ilyan (le 2ème personnage principal), qui livrent ainsi ses impressions, en alternance avec le récit de la narratrice. Le ton du récit évolue alors.  Du « Je vais vous raconter ce qui s’est passé, à quel point j’étais malheureuse et frustrée », ton confident, nostalgique et proche du mélodramatique, le personnage-narrateur place le lecteur davantage en tant que témoin direct de dialogues et de scènes imprévues, dissimulant son réel état d’esprit à Ilyan, mais en le faisant partager au lecteur.

[…] On aurait pu croire qu’il ne pensait pas un mot de ce qu’il disait. Et moi, dans tout ça, j’étais bien embêtée. Que pouvait-il bien y avoir ? […] (p.41)

[…] « –Et toi, qu’est-ce que tu en penses ? » il enchaîna. Retourner la question. Stratégie maligne et vieille comme le monde pour éviter d’aller au fond des choses. […] (p.42)

[…] « -Tu seras là ? –Bien sûr. » Où veut-il que j’aille ? […] (p.146)

Laura, personnage-narrateur, m’est apparue tête-à-claques par moments, paralysée par la peur, attendant que tout se passe (comme à l’époque de ses douze-treize ans), se mettant dans quelques situations compliquées qu’elle a elle-même engendrées, mais qu’elle n’assume pas (la scène de la lettre, p.77-81), par manque de communication et de confiance en elle-même. La complicité, en tant que lectrice, que j’aie pu ressentir à l’égard du personnage-narrateur réside dans le fait que nous ayons probablement tous quelque peu ce côté double-jeu (je te montre qui je suis, mais j’en garde un peu pour moi, tout de même).

Il m’a semblé que le personnage-narrateur alterne les époques, afin de dévoiler son côté femme-enfant, légèrement innocent qu’il a soigneusement su et tenu à préserver.

Le personnage d'
Ilyan dans la prochaine partie!

Posté par Laura Maya à 15:04 - Auto-Critiques - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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